Foot Féminin

Publié le 08/07/2019

Rémi Peloux : « Il va falloir faire de la place pour tout le monde… »

Vendredi soir dernier, s’est tenue l’assemblée générale de fin de saison pour le football féminin au District de Lyon et du Rhône.

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L’occasion de faire le point avec Rémi Peloux, CTD-DAP en charge de la pratique.

Rémi, comment se porte le football féminin dans le district ?
Il se développe chaque année depuis maintenant plus de dix ans. Lors de la saison 2010-2011, on signait notre 1000ème licenciée. Aujourd’hui, nous en sommes à presque 3500. De nombreux clubs sont impliqués dans la pratique puisque soixante-seize possèdent au moins une équipe. Et c’est sans compter sur ceux qui accueillent des joueuses en mixité. Ils sont nombreux. Nous avons également de plus en plus de femmes qui s’investissent dans des rôles de dirigeantes, d’éducatrices ou bien d’arbitres. Cela met bien en évidence, l’importance de la pratique féminine sur notre département. Mais également sur le plan national où l’augmentation du public féminin permet de stabiliser, voire même de faire progresser le nombre de licenciés total. Enfin, le nombre de Label Ecole Féminine de Football augmente également puisque nous aurons la saison prochaine une vingtaine de clubs possédant cette distinction fédérale. Cela montre bien l’intérêt porté par nos clubs dans la volonté de se structurer.

Quels sont les principaux points de satisfaction sur la saison écoulée ?
On peut noter une très forte augmentation du nombre d’équipes chez les jeunes U9F-U11F-U13F avec quatre-vingt-cinq de plus pour ces trois catégories. Beaucoup de clubs, de part un souhait de structuration ou tout simplement parce que la demande a été forte, ont engagé des équipes dans le football d’animation. Les petites ont évolué tout au long de l’année dans les groupements contre des équipes de garçons. Nos Challenges Passions ont également très bien fonctionné avec un taux de participation de 95% des équipes à chaque rassemblement. Et nous avons fini en beauté avec notre fête départementale qui a rassemblé sept-cent licenciées, des U7 aux U18, sur deux sites, à Vénissieux et à Saint-Priest. Côté encadrement et formation, on peut également souligner la forte mobilisation de nos clubs avec cinquante éducatrices formées et vingt-neuf arbitres féminines recrutées.

« Il faut prendre conscience que le public féminine requiert des compétences différentes… »

A contrario, on a l’impression que le foot féminin est victime de son succès avec finalement les mêmes dérives que le masculin qui commencent à arriver ?
Les prochaines saisons vont être importantes. Il va falloir que le district et les clubs prennent le bon virage. Nous avons effectivement quelques dérivent qui polluent un peu notre pratique. Certaines durent depuis quelques années comme le fait de voir partir des éducateurs avec parfois des équipes entières dans d’autres clubs. Mais d’autres, plus récentes, voient le jour, avec des « éducateurs » ou des « dirigeants » pas forcément bienveillants. Le district n’a pas les moyens de couvrir l’ensemble des rencontres avec des arbitres officiels ou bien des délégués. Du coup, certains se permettent d’avoir des comportements inadaptés, particulièrement chez les plus jeunes. Il faut prendre conscience que le public féminin requiert des compétences différentes que celui des garçons. Notamment en terme de pédagogie et d’approche du groupe. A nous, instance, d’être performante dans nos formations de cadres pour faire passer les bons messages.

Quels seront les grands chantiers de la saison prochaine ?
Il va falloir stabiliser notre pratique, notamment sur le foot d’animation, qui a connu un développement très important cette saison. Des pistes de réflexion sont en cours pour proposer des formes de pratiques les plus adaptées à la demande. Mais la plus grosse difficulté sera que nos clubs devront faire face à une demande de licenciées supérieure à celle des saisons précédentes. Il va falloir faire de la place pour tout le monde. La problématique est qu’ils sont déjà pleins à craquer. Et il n’est bien évidemment pas question de ne pas renouveler les joueurs ou joueuses déjà présents afin d’en accueillir d’autres. Il faudra peut-être trouver de nouvelles solutions d’accueil, notamment avec le programme de foot loisir développé au district*.

« Le football féminin est depuis longtemps un axe de développement important pour notre district… »

Un mot sur la coupe du Monde. L’élimination de l’équipe de France en quart de finale t’inspire quoi ?
C’est forcément une déception car nous aurions aimé voir notre équipe de France soulever le trophée le 7 juillet prochain, qui plus est à Lyon. Mais au regard du match et de la compétition, l’équipe des USA nous a été supérieure. Cela m’a semblé un résultat logique. Mais j’espère que l’engouement autour de cette Coupe du Monde aura un effet positif pour notre activité et permettra à la pratique féminine de se développer encore d’avantage. Nous avons à Lyon la chance d’avoir un club comme l’Olympique Lyonnais qui a été et est toujours un super vecteur de développement pour nous. Et je pense que l’équipe de France pourra, lorsque les résultats seront là, avoir le même rôle pour la discipline à l’échelle du pays.

Le mot de la fin pour toi…

Le Football Féminin est depuis très longtemps un axe de développement important pour notre district. Pascal Parent, notre président, l’a bien compris. Il est attentif à tout ce qui peut continuer à le faire avancer. Pour preuve, le dossier féminin a toujours été porté par un salarié du district qui accompagne la commission féminine afin de répondre au mieux aux différentes demandes ou missions qui descendent de la Fédération. Il est très important également de souligner l’importance de Mylène Chauvot, vice-Présidente du district et Présidente de la commission féminine. Elle œuvre chaque jour pour que le Foot Féminin puisse avoir les moyens de se développer de la meilleure des manières. Elle et toute son équipe sont à l’écoute et au service des clubs afin de faire avancer la pratique féminine. Enfin, merci aux éducatrices, éducateurs, dirigeantes et dirigeants des clubs qui donnent de leur temps afin de pouvoir faire pratiquer nos joueuses tout au long de l’année. Sans eux il sera difficile de faire vivre notre beau Football départemental.

* : contacter Jérôme Hernandez (CTD DAP du district)

Denis DUPONT

Par Erika Gimenez

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