QUOI DE NEUF DOCTEUR ? SPORT ET CŒUR
Publié le 01/07/2026
SPORT ET CŒUR, UN DUO EFFICACE QUAND IL EST BIEN UTILISE
Le cœur est une pompe qui fait circuler le sang. Le sang transporte l’oxygène et les nutriments indispensables à toutes les cellules du corps, y compris les muscles qui assurent notre mobilité et le cœur. L’arrêt ou la faiblesse cardiaque ne sont pas sans conséquences et il convient de prendre soin de cet organe. Le sport, pratiqué dans de bonnes conditions, permet de le renforcer.
Le cœur est lié aux poumons et aux vaisseaux (artères et veines) qui assurent la circulation du sang ; le système cardiovasculaire est à envisager dans son ensemble. Le sang se charge d’oxygène aux poumons ; il est ensuite aspiré par le cœur qui se remplit et le distribue dans tous les organes du corps (organisme). Après le passage dans l’organisme, le cœur aspire le sang et il l’envoie aux poumons pour qu’il se débarrasse du gaz carbonique qu’il a collecté dans les tissus et qu’il se recharge en oxygène. La pompe cardiaque fonctionne (elle bat) sous la commande d’un système nerveux autonome intégré (tissus nodal) qui déclenche les battements responsables de l’efficacité de la séquence « coeur-corps-poumon » que nous venons d’envisager. Un bon rythme est indispensable.
Le sport renforce le système cardiovasculaire
Le sport, pratiqué dans de bonnes conditions, renforce le cœur et protège les vaisseaux, en entraînant des actions, indiquées ci-dessous. Ces actions persistent après l’effort, mais elles régresseront si on arrête la pratique du sport.
Les principales modifications entraînées par le sport sont :
- Un épaississement de la paroi du ventricule gauche et une augmentation du volume de ce ventricule. Le cœur devient plus puissant et il remplit mieux sa fonction d’éjection ; de même, le rappel du sang est renforcé lorsque le cœur se remplit pour le cycle suivant,
- Les vaisseaux se dilatent et de nouveaux vaisseaux apparaissent, ce qui facilite l’irrigation des tissus ; le cœur et les muscles sont concernés ; les risques d’infarctus diminuent. Le cerveau bénéficie aussi de cette action et les risques d’AVC (Accident Vasculaire Cérébral) sont réduits. La dilatation des vaisseaux facilite la circulation du sang et la tension artérielle moyenne est abaissée, ce qui facilite le travail du cœur et réduit la pression sur les parois des vaisseaux ; ceci diminue les risques liés à l’hypertension (fatigue cardiaque, atteinte des parois des vaisseaux, voire rupture),
- Le profil des graisses (lipides) dans le sang est aussi amélioré par le sport. On sait qu’il y a deux types de graisses (cholestérol). Les « lourdes » (HDL) sont transportées par de grosses molécules et elles sont nécessaires pour le renouvellement des cellules. Les HDL sont gérées par le foie qui les renouvelle régulièrement. Il y a aussi les graisses légères (cholestérol LDL) qui ont tendance à se déposer sur les parois des artères, à les enraidir et à les fragiliser en diminuant leur capacité élastique et en créant les plaques d’athérome qui se fixeront sur les parois, et donc diminueront leur calibre ; elles seront aussi un point de fixation des caillots (embolies) qui pourront bloquer la distribution du sang dans les tissus. Le sport augment les HDL (bonnes graisses) et diminue les LDL,
- Le sucre (glycémie) a aussi tendance à encrasser les vaisseaux et à renforcer les plaques d’athérome. L’insuline, produite par le pancréas, favorise l’entrée du sucre dans les cellules et elle baisse la glycémie. Le sport augmente l’efficacité de l’insuline et il a donc une action positive sur le diabète. De plus le sport réduit l’obésité en favorisant la consommation des graisses et on sait qu’obésité et diabète, donc excès de sucre dans le sang, sont liés.
- Le sport réduit aussi l’inflammation chronique de l’organisme, inflammation qui attaque la paroi des vaisseaux et favorise l’athérome.
Dangers d’un excès de sport
Comme pour tout, l’excès est nuisible. Pour le sport et il faut contrôler l’intensité et la durée. Ceci est particulièrement vrai lorsqu’une pathologie cardiaque est présente et il faudra la diagnostiquer par un examen préalable.
En pratique, un exercice physique prolongé ou trop intense conduit à une déshydratation, donc à une baisse du volume sanguin qui remplit les vaisseaux ; il y a un risque de désamorçage de la pompe cardiaque. De même, une surconsommation des réserves énergétiques peut entraîner un épuisement et un ralentissement des performances physiques, y compris celles du cœur.
Ceci est bien connu, et boire pendant le sport est une nécessité qui doit être respectée ; la « pause fraicheur » s’impose. De même des points de ravitaillement sont installés lors des épreuves d’endurance.
Les poumons doivent aussi suivre le rythme de renouvellement de l’oxygène et la fatigue permet d’adapter ce rythme aux possibilités physiques ; aller contre, par exemple avec le dopage, conduit à prendre un risque qui peut mal se terminer et entraîner un arrêt cardiaque.
Le risque sur un cœur sain est faible. La visite médicale de licence va dans ce sens, et elle peut être complétée par des examens complémentaires en cas de doute. Un arrêt cardiaque, ou une fibrillation ventriculaire (le cœur vibre sans remplir son rôle de pompe) conduisent à des situations dangereuses qu’il faut savoir appréhender et prévoir, pour éviter les conséquences désastreuses. Il faut donc généraliser l’apprentissage de la réanimation cardiovasculaire et tester et surveiller le cœur.
Contrôle du cœur du sportif
Lors de l’effort, le cœur réagit immédiatement pour répondre à l’effort demandé. Il accélère son rythme, augmente la tension artérielle et son débit peut passer de 5 l/mn (au repos) à 20l/mn en fonction de de l’intensité de l’exercice. Il faut donc s’assurer que cette adaptation ne sera pas dangereuse pour le cœur.
Plusieurs étapes servent de base à ce contrôle :
- Interrogatoire : Il y a des situations qui doivent alerter. Un accident cardiaque surviendra plus fréquemment si le sportif a déjà présenté des antécédents de malaise, notamment à l’effort, ou s’il y a eu des épisodes pathologiques dans la famille ; l’accident cardiaque du père et du fils est un classique. De même, la présence de palpitations peut orienter des anomalies de rythme qui pourront s’aggraver à l’effort,
- Auscultation : elle permet de repérer des anomalies des valves du cœur et un souffle doit alerter. De même, le bruit des battements doit être régulier et d’intensité normale,
- ECG (électrocardiogramme) : il repère le fonctionnement électrique du cœur, depuis la stimulation initiale, jusqu’à la contraction, dans son rythme, dans la séquence des événements électriques, dans les délais et dans leur intensité. Des anomalies alerteront sur un risque de fibrillation lorsque le cœur s’accélère à l’effort,
- Test d’effort (avec ECG): il présente la réponse du cœur à l’effort, dans des conditions sécurisées, en milieu adapté,
- Echographie cardiaque : elle renseigne sur la morphologie du cœur et peut montrer des anomalies des parois, qui pourront être majorées par la pratique sportive et pourront devenir dangereuses ; de même, on visualise le fonctionnement des valves cardiaques et leur efficacité. Ici encore des dysfonctionnements qui pourront être aggravés par le sport. De plus, l’échographie, pourra montrer des plaques d’athérome sur les vaisseaux et ainsi éviter des accidents,
- Examen biologique au laboratoire d’analyse médicale (LAM) : il pourra dépister des anomalies qui augmentent le risque cardiovasculaire, telles que des excès de cholestérol (LDL), de sucre (glycémie), la CRP (créatine protéase) qui marque l’inflammation.
Tout ceci, permet d’estimer l’état cardiaque du sujet et limiter le risque, On poursuivra les examens, si nécessaire, pour réaliser une prise en charge adaptée. Des fédérations sportives rendent ces examens obligatoires pour certaines catégories de sportifs (haut niveau, arbitres…).
Règles d’or des cardiologues
Quelques conseils pratiques ont été édités par la Fondation Française de Cardiologie, pour réduire le risque cardiaque lors des activités sportives. On peut résumer les principaux ci-dessous :
- Réaliser un échauffement (10 minutes avant) et une récupération (10 minutes après) pour favoriser une entrée et une sortie progressives dans l’effort,
- Ne pas faire de sport à l’extérieur si la température est inadaptée ; le bon intervalle est entre -5° et 30°. Des arrêtés préfectoraux peuvent faire respecter cette condition pour les compétitions,
- Ne pas faire de sport pendant un épisode grippal et dans les 8 jours qui suivent,
- Ne pas reprendre le sport sans un examen cardio pour les hommes de plus de 35 ans et les femmes de plus de 45 ans, qui étaient sédentaires avant,
- Ne pas oublier de boire pendant l’effort,
- S’arrêter si on fait un malaise pendant le sport et consulter un médecin,
- Une douleur de poitrine ou des troubles digestifs doivent alerter.
Comment pratiquer le sport pour être efficace
Les sports d’endurance sont plutôt recommandés ; on préconise : la marche rapide, le vélo, la natation, le football, le rugby…L’intensité proposée correspond aux 2/3 de la fréquence cardiaque maximale (Fc max), soit environ « 220-âge » ; ce qui qui correspond à 130-140 bpm (battements, du cœur, par minute) pour un sujet de 30 ans. Ceci est à vérifier avec une montre spéciale qui indique les bpm et un test d’effort maximal qui permet de connaître la Fc max ; en pratique, un rythme soutenu est une bonne attitude « (il ne faut pas flâner »). Imposer un rythme trop élevé augmente le risque de fibrillation cardiaque.
Le sport le matin est conseillé, car il n’est pas perturbé par la fatigue physique.
On conseille 150 minutes de sport par semaine, de façon régulière, soit 30 minutes par jour, cinq jours sur sept.
En résumé, on retiendra que l’immobilité et le fauteuil sont des ennemis du cœur. La règle est simple : le corps humain ne s’use que si l’on ne l’utilise pas.
