ARBITRAGE – MOUSSA TALL …

Publié le 08/07/2022

« JE NE VOULAIS PAS FINIR SUR UNE FAUSSE NOTE… »

APRES UNE RICHE CARRIERE DE VINT-DEUX ANS, MOUSSA TALL A SIFFLE SES TROIS DERNIERS COUPS LE 18 JUIN, A NEUVILLE-SUR-SAONE, A L ‘OCCASION DE LA FINALE DE D1 ENTRE L’UGA DECINES ET L’ASVEL.
ENTRETIEN AVEC CELUI QUI FUT QUATRE FOIS MEILLEUR ARBITRE DE D1…

Moussa, tu as bien dormi dans la nuit de vendredi à samedi qui a précédé ton dernier match entre l’UGA Décines et l’ASVEL en finale de D1 ?
Oui J’ai très bien dormi car le 18 juin, mon fils Mohamed fêtait ses trois ans. Du bonheur à l’état pur. Pour être honnête, je n’ai vraiment pensé à rien, juste à prendre du plaisir pour cette dernière. Je n’étais absolument pas stressé à la pensé de siffler mon dernier match, juste nostalgique. Ah, si, j’allais oublier… j’avais peur de la chaleur en consultant les prévisions météorologiques.

Et au moment d’entrer sur le terrain, quel était ton état d’esprit ?
Les sentiments étaient mélangés entre soulagement, plaisir et émotion. C’est toujours émouvant de se dire que ça sera la dernière fois que tu fais quelque chose, qui plus est quand c’est une passion. Je savais que la concentration et la responsabilité devaient être au rendez-vous avec deux équipes qui jouaient le titre de championnes de D1.

Pour autant, les acteurs de la rencontre ne t’on pas facilité la tâche… ou peut-être ont-ils voulu te mettre une dernière fois à l’épreuve. Comment as-tu vécu ce dernier match ?
Oui, ça a été un match sous haute tension avec mes deux supers assistants dont mon ami Sami Chaouch. J’ai arbitré en roue libre et sans pression ou stress. Mais je ne voulais surtout pas finir sur une fausse note, même si les acteurs ne m’ont pas facilité la tâche (rires). Connaissant les deux coachs, je m’attendais à ce que le match soit tendu et compliqué. La chaleur n’a pas arrangé non plus les choses.

« LA REMISE EN QUESTION EST FONDAMENTALE… »

Les mauvaises langues au bord du terrain, tes collègues pour ne pas les citer, disaient que ça se voyait que c’était ta « der ». Qu’as-tu à leur répondre ?
Effectivement… ils ont raison (rires). J’étais en roue libre. Règlementairement parlant, j’aurais même dû infliger plus de cartons et exclure les deux coachs. Mais je le répète, je ne voulais pas finir sur une fausse note.

Qu’as-tu ressenti au moment de siffler les trois derniers coups de ta carrière ?
Du bonheur et du soulagement. De la tristesse en sachant que me décision d’arrêter en a surpris beaucoup.

Quel bilan fais-tu de ces vingt-deux années d’arbitrage ?
Ces vingt-deux années ont vraiment été extraordinaires. J’ai appris que l’arbitrage n’est pas un exercice facile. Il faut faire preuve de détermination et de soif de vaincre. De plus, la remise en question est fondamentale. L’arbitre est souvent un homme seul qui doit être bien entouré sur et en dehors du terrain. Son équilibre personnel est fondamental. Personnellement, j’ai le sentiment du devoir accompli, après une carrière au-delà de toutes mes espérances. Avoir su durer et non pas seulement atteindre le haut du District de Lyon et du Rhône est une belle satisfaction. Arbitrer en D1 fût un réel plaisir et j’ai terminé quatre fois premier. C’est de la fierté à l’état pure.  

« J’AIMERAIS DESORMAIS TRANSMETTE CETTE PASSION… »

Qu’est-ce qui t’a décidé à arrêter à 45 ans ?
Mes blessures à répétition au niveau du talon d’Achille ainsi que la routine et le manque d’envie en allant aux matchs.

Ton meilleur souvenir ?
Le 19 mai 2015 avec une observation de Guy d’Anchise qui restera gravée à jamais dans ma mémoire… RAPPORT GUY D’ANCHISE.

Le plus mauvais ?
Mon agression physique et verbale en 2014 par un joueur de Feyzin lors d’une rencontre à l’ASA Villeurbanne.

Qu’est-ce qui a le plus changé depuis tes débuts dans l’arbitrage ?
La montée de la violence, des injures et surtout la recrudescence des agressions d’arbitres, même s’il d’agit avant tout d’un problème sociétal.

Le mot de la fin pour toi sans remercier Jean-Claude Lefranc, Laurent Chabaud et une bonne dizaine de personnes de la CTDA ?
Je suis et resterai fidèle à ma famille des arbitres à qui je dois ce que je suis devenu. Un grand merci à tous pour votre gentillesse et votre bienveillance. J’aimerais désormais transmettre cette passion et mon expérience aux jeunes arbitres.

Propos recueillis par Denis Dupont

Moussa TALL
Né le
 : 11/04/1977 à Dakar
Job : Responsable Pôle Technique pour un office HLM à Vienne
Parcours joueur : US Pont-Evèque
Parcours arbitre : depuis 2000

 

Par Erika Gimenez

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