ARBITRAGE FEMININ – L. CHABAUD : « IL FAUT QUE LES MENTALITES EVOLUENT… »

Publié le 25/03/2022

« IL FAUT QUE LES MENTALITES EVOLUENT… »

ELLES SONT UNE TRENTAINE A SIFFLER TOUS LES WEEK-END SUR LES TERRAINS DE FOOTBALL DU DISTRICT DE LYON ET DU RHONE.POUR AUTANT, LA VIE N’EST PAS TOUJOURS UN FLEUVE TRANQUILLE POUR CES JEUNES FILLES, A QUI ON NE PARDONNE RIEN.L’OCCASION POUR LAURENT CHABAUD ET QUELQUES UNES D’ENTRE ELLES D’EN PARLER.Depuis quelques années, la mixité, ou l’égalité hommes-femmes, est de mise dans beaucoup de secteurs d’activités…Le sport n’échappe pas à cette juste règle avec un exemple fort fourni dernièrement dans le football de haut niveau avec l’égalité des rémunérations dans les sélections américaines masculines et féminines. Il reste cependant un bastion difficile à prendre chez les filles, celui de l’arbitrage.Au district de Lyon et du Rhône, elles sont trente pour un effectif global de plus de cinq cents arbitres. Preuve qu’il y a encore du chemin à accomplir.« Nous souhaitons fortement augmenter les effectifs chez les filles, explique Laurent Chabaud, le président de la commission de l’arbitrage du DLR. Elles amènent une autre approche et une analyse plus fine. »« ON NE LEUR PARDONNE RIEN… »Pour autant, la vie n’est pas un long fleuve tranquille pour celles qui s’investissent dans l’arbitrage. « C’est très difficile de garder les candidates sur le long terme car elles ne sont pas assez protégées continue Laurent Chabaud. Les coachs et les joueurs ont du mal à accepter d’être dirigés par des filles. On ne leur pardonne rien sur, et autour, des terrains. On leur tient des propos très durs qui font qu’elles ont du mal à prendre confiance. Il faut instaurer un climat plus sain autour de l’arbitrage féminin afin de créer des vocations et pour que celles qui souhaitent s’engager n’aient pas peur de franchir le pas. »« SEVIR DUREMENT CONTRE LES INCIVILITES… »Conclusion : « il faut que les mentalités évoluent et qu’on aide nos féminines à trouver leur place dans l’arbitrage. Aujourd’hui, la mixité existe partout et elle doit d’exister dans l’arbitrage. Il faut oublier ces différences que l’on peut faire entre les hommes et les femmes. Les membres du Comité Directeur, que je remercie, ont décidé de sévir durement contre toutes les incivilités qui seront commises ces prochaines semaines envers des arbitres féminines. »On le constate, la route parait encore longue pour que la femme soit l’égale de l’homme dans le ballon rond…Mais à la fin, « le poète à toujours raison, la femme est l’avenir de l’homme ». Et le petit monde de l’arbitrage n’y échappera pas…

Denis Dupont

TEMOIGNAGES

Noa Beghidja

Noa BEGHIDJA (15 ans) : « Le jeu en valait la chandelle… »« C’est ma grande sœur, elle-même arbitre, qui m’a encouragée à m’engager et à me former. J’aime prendre des décisions dans la vie, diriger les choses et avoir des responsabilités. Je suis exigeante avec moi-même et, pour être honnête, j’avoue que mes débuts ont été légèrement calamiteux (rires). Coté règles, j’ai eu du mal à assimiler celle du hors-jeu que j’ai bien dû relire une trentaine de fois. Mais le jeu en valait la chandelle car je ne pensais pas que je prendrais autant de plaisir à arbitrer. »

Mathilde Delorme

Mathilde DELORME (16 ans) : « La chance d’avoir eu un tuteur à mes côtés… »« Je suis arrivée dans l’arbitrage par pure curiosité. Je regardais régulièrement des matchs de foot et je me suis dit « pourquoi ne pas essayer ». J’en ai donc parlé à mon club de foot du FC Giraudière, qui m’a trouvé une formation au district. Au début j’étais assez stressée. Mais j’ai eu la chance d’avoir un tuteur à mes côtés. Il m’a guidé dans mes premiers matchs, surtout pour les feuilles de matchs. Les difficultés rencontrées sont souvent quand la tablette ne fonctionne pas ou quand les équipes trainent pour démarrer les matchs. C’est souvent long et il faut régulièrement leur dire de se dépêcher (rires). Au final, ce qui me plait, c’est de devoir manager les matchs et d’avoir des responsabilités. »

Océane Meyer

Océane MEYER (18 ans) : « Sans lui, je ne serais pas sortie du vestiaire… »Déjà toute petite, je suivais la carrière de mon papa avec admiration. Puis, en 2014, mon cousin Guy Arias est devenu arbitre et m’en parlait régulièrement de manière positive. J’ai franchi le pas en 2018 avec la coupe du Monde. J’ai commencé à arbitrer des U13 étant âgées de 15 ans. N’ayant jamais joué au foot, le premier match a été très compliqué. J’étais en plein stress, limite tétanisée. Heureusement, j’étais accompagnée par mon cousin. Sans lui, je ne serais jamais sortie du vestiaire ce jour là (rires). Les matchs suivants ont été compliqués aussi, car je n’osais pas siffler. En 2020, j’ai basculé en U15, le jeu était plus intéressant, les joueurs avaient un peu plus de technique. Ce qui m’a permis de mettre en pratique les lois du jeu et j’ai enfin pu mettre des cartons. Ce changement m’a permis d’être un peu plus en confiance. Depuis, je prends de plus en plus de plaisir à arbitrer. Je tiens à remercier les équipes de la commission de l’arbitrage du District, notamment Jean-Claude Lefranc, Mohamed Arous, William barré, Guy Arias et bien d’autres. Je n’en serais pas là aujourd’hui sans eux.

Par Erika Gimenez

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